Comment choisir le bon nombre de bornes pour son parking ?

Sommaire
L'essentiel à retenir
- Le choix du nombre de bornes de recharge dépend directement du nombre de véhicules à recharger, de leur type (électrique ou hybride), de la fréquence d’utilisation du parking, ainsi que des besoins spécifiques de vos usagers.
- Une évaluation précise de la fréquentation et de l’usage attendu du parking est indispensable avant toute installation.
- Prendre en compte la puissance des bornes, la gestion dynamique de la charge et l’évolution future de la flotte de véhicules permet d’anticiper les nouveaux usages et d’optimiser les investissements.
- Respecter la réglementation en vigueur et se projeter sur les besoins à moyen terme garantit la pérennité de l’installation et sa rentabilité.
Connaître la typologie du site et ses usagers
Avant même de comptabiliser le nombre de véhicules, il est essentiel d’identifier les profils des utilisateurs qui fréquentent le parking. Un parking d’entreprise, un parking résidentiel, un centre commercial ou une gare répondent chacun à des besoins très distincts.
Un parking destiné aux salariés, par exemple, verra des voitures stationnées pendant de longues heures, généralement toute la journée de travail. À l’inverse, un parking de centre commercial sera soumis à un fort turnover, avec des stationnements de courte durée. Dans le cas d’une résidence, la nuit devient la période de recharge privilégiée. Ces différences ont un impact direct sur la quantité de points de charge nécessaires et sur leur mode de gestion.
Pour illustrer : dans un immeuble résidentiel de 100 places, le besoin n’est pas d’équiper toutes les places immédiatement, mais d’anticiper une montée en puissance progressive selon la demande.
Évaluer la flotte de véhicules électriques et hybrides
La proportion de véhicules électriques ou hybrides parmi les utilisateurs est un indicateur de départ crucial. Un audit du parc roulant ou une estimation réaliste sur l’évolution des usages dans les prochaines années permet d’ajuster sa décision.
Aujourd’hui en France, le taux moyen de véhicules électriques est en progression constante ; il existe cependant de fortes disparités selon les zones géographiques et les typologies de publics. Mieux vaut donc, dès la conception, s’informer auprès de ses usagers, via un questionnaire ou une concertation, sur leurs intentions concernant la transition vers l’électromobilité.
Il est aussi pertinent d’intégrer les perspectives d’évolution réglementaire : depuis 2025, de nombreuses obligations vont peser sur les bâtiments neufs ou font l’objet de projets de rénovation, avec des quotas minimum de places pré-équipées.
Prendre en compte la fréquence d’utilisation et la rotation des véhicules
Le rythme de rotation au sein du parking donne une idée précise du potentiel d’utilisation des bornes. Un parking avec une rotation élevée nécessite en général plus de points de charge pour couvrir une demande plus dispersée dans le temps. À l’inverse, un stationnement longue durée permet l’optimisation du nombre de bornes grâce à la planification de la recharge : les véhicules peuvent être alimentés l’un après l’autre durant la nuit ou durant les heures creuses.
La saisonnalité est également un facteur à considérer. Sur un site touristique ou évènementiel, l’affluence estivale peut multiplier par dix le besoin en recharge, là où l’hiver une capacité moindre sera amplement suffisante.
Anticiper la croissance de la demande
Installer un nombre de bornes trop restreint revient à prendre le risque d’être rapidement dépassé par la croissance de la flotte électrique. À l’inverse, surdimensionner l’installation peut générer des frais inutiles. L’équilibre optimal suppose d’envisager un parc évolutif, c’est-à-dire avec des réservations d’emplacements ou de circuits électriques afin de faciliter l’ajout de bornes complémentaires à moyen terme.
Un scénario prudent consiste à équiper dès le départ entre 5 et 20 % des places pour la recharge, tout en procédant à un pré-câblage sur d’autres places pour faciliter l’installation de bornes supplémentaires sans avoir à doubler le coût des travaux.
Dimensionner la puissance installée : modulation et gestion intelligente
Le nombre de bornes ne dit pas tout : il importe tout autant de bien calibrer la puissance électrique mise à disposition. Proposer un grand nombre de bornes, mais avec une puissance limitée, peut déboucher sur une frustration pour l’utilisateur. Au contraire, une installation trop puissante augmente les coûts énergétiques sans réelle nécessité dans le cas de stationnements longue durée.
La gestion dynamique de la charge, permise par des systèmes intelligents (load balancing), optimise la répartition de la puissance : les bornes délivrent davantage de courant aux véhicules ayant le plus besoin, ou chargent les véhicules en fonction des périodes creuses, ce qui permet d’installer davantage de bornes sans augmenter systématiquement l’abonnement électrique.
Cette approche devient incontournable pour les parkings de grande capacité, ou chaque place n’est pas forcément équipée d’une borne, mais où l’usage collectif est régulé par le système.
Comprendre la réglementation et les obligations
La législation française impose des quotas minimaux de bornes ou de pré-équipement dans certains contextes : immeubles collectifs neufs, rénovations, parkings publics ou privés de taille significative. Ces obligations peuvent varier selon qu’il s’agit d’un bâtiment résidentiel ou tertiaire, et elles tendent à se renforcer année après année.
Pour les immeubles neufs par exemple, il est désormais requis de pré-équiper au minimum 20 % des places pour la recharge. Certaines collectivités imposent des niveaux supérieurs ou offrent des aides spécifiques pour accompagner la transition. Il est donc impératif de s’informer précisément sur les textes applicables au projet considéré avant de figer le cahier des charges.
Choisir en fonction des types de bornes
Toutes les bornes ne proposent pas la même puissance ni les mêmes fonctionnalités. Entre les bornes de recharge normale (jusqu’à 22 kW) et les bornes rapides (plus de 22 kW, jusqu’à 150 kW voire plus), le choix dépend des besoins. Une borne rapide permet une recharge complète en moins d’une heure, idéale pour des stationnements courts (commerces, gares, restaurants) mais son coût d’installation et d’exploitation est nettement supérieur.
Sur un parking résidentiel ou d’entreprise avec des durées de stationnement longues, le recours aux bornes “classiques” est souvent plus pertinent et économique.
La prise en compte de cette dimension vient directement influencer le nombre de bornes à installer : pour un parking accueillant principalement des visiteurs temporaires, il sera logique d’installer davantage de bornes puissantes. Pour un usage interne, la priorisation des bornes normales suffit généralement.
Prendre en considération la gestion des parkings partagés
Dans le cadre d’immeubles mixtes, de copropriétés ou de parkings mutualisés (entre entreprises voisines par exemple), la mutualisation du parc de bornes permet d’optimiser l’investissement. Un système de réservation en ligne ou une gestion centralisée donne la possibilité à plusieurs utilisateurs de planifier leur recharge, limitant ainsi les surplus d’attente et améliorant le taux d’utilisation des bornes existantes.
Dans ce contexte, équiper 10 à 20 % des places devient souvent suffisant lorsque la gestion se fait intelligemment, notamment grâce à la rotation programmée et à la responsabilisation des utilisateurs.
Estimer le budget global et les coûts cachés
Réussir le dimensionnement de son parking passe par une évaluation précise des coûts : achat et installation des bornes, travaux d’infrastructure (alimentation électrique, génie civil), mais aussi frais de gestion, maintenance, abonnement électrique, ou encore mise en conformité.
La prise en compte des subventions potentielles (nationales, régionales, collectivités locales), particulièrement généreuses pour les premières installations ou les rénovations ambitieuses, permet de calibrer le budget et d’optimiser l’effort initial. Il convient toutefois d’intégrer les frais récurrents : entretien du matériel, contrats de supervision technique, renouvellement du matériel informatique associé aux bornes intelligentes.
Prendre le temps de confronter plusieurs devis de professionnels, avec des solutions clé en main incluant le coût d’installation, de maintenance et de gestion, permet d’éviter les mauvaises surprises.
Adapter la solution aux ambitions environnementales
Au-delà de la simple réponse à un besoin immédiat, le dimensionnement du nombre de bornes reflète aussi les ambitions écologiques et citoyennes du gestionnaire. Favoriser l’usage du véhicule électrique est un vecteur fort de transition, mais il suppose que l’infrastructure soit réellement accessible à tous.
Dans certains contextes, il est judicieux de coupler l’installation des bornes à une démarche environnementale plus large : intégration d’énergie solaire (ombrières photovoltaïques), gestion intelligente de l’énergie, déploiement de solutions de recharge bidirectionnelle (vehicle-to-grid) ou transmission des données pour la compensation carbone. Ces choix peuvent influencer le nombre et la répartition des bornes sur le parking, mais aussi la perception globale du site.
Les erreurs à éviter
Certaines erreurs de jugement sont fréquentes lors de l’installation initiale :
- Ne pas anticiper l’évolution de la flotte conduira très vite à devoir reconcevoir l’ensemble du réseau.
- Négliger l’avis des futurs utilisateurs débouche sur des équipements mal adaptés.
- Mal calibrer la puissance installée peut aboutir soit à des files d’attente devant des bornes insuffisantes, soit à un surcoût électrique inutile.
- Oublier la maintenance ou la supervision technique entraîne une indisponibilité partielle du service, générant incompréhension et frustration.
Pour limiter ces écueils, il est conseillé d’associer l’ensemble des parties prenantes dès les phases de réflexion : gestionnaires, usagers, syndic, services techniques et même collectivités locales.
Penser à la signalétique et la lisibilité du dispositif
Un dispositif de recharge performant ne se limite pas au nombre de prises. La lisibilité et l’accessibilité physique des bornes sont déterminantes. Une signalétique claire, des places bien identifiées et un système d’aide à la localisation et à la réservation (affichage, application mobile) garantissent un usage optimal des ressources mises à disposition.
De la même manière, l’accessibilité des bornes pour les personnes à mobilité réduite fait désormais partie des attentes et des obligations réglementaires. Chaque détail compte afin que chaque utilisateur se sente concerné.
Prévoir l’intégration technique et la compatibilité
Le choix du nombre de bornes doit s’envisager en cohérence avec l’ensemble du système électrique du bâtiment et, le cas échéant, avec un réseau de bornes déjà existant. L’uniformité des technologies, la compatibilité avec tous types de véhicules et l’interopérabilité des moyens de paiement favorisent une utilisation fluide et sans friction.
Cela inclut notamment le choix de bornes connectées ou non, la possibilité de pilotage à distance, la collecte de données de consommation ou la connexion à une supervision centralisée.
En pensant dès l’origine à l’intégration au système d’information du gestionnaire, l’installation des bornes devient un réel levier de pilotage pour la mobilité future.
Questions fréquentes
Comment savoir s’il faut installer plus de bornes que le minimum légal ?
Le minimum légal constitue un seuil plancher qui ne correspond pas toujours à la réalité du terrain. Si le parking accueille régulièrement des véhicules électriques ou si l’utilisation attendue augmente du fait de politiques internes ou locales, il est pertinent d’anticiper et d’installer un volume supérieur ou un pré-câblage adapté à une montée en puissance rapide.
Quelle est la durée de vie moyenne d’une borne de recharge ?
Une borne de recharge a généralement une durée de vie comprise entre 8 et 12 ans, sous réserve d’un entretien régulier et d’une infrastructure électrique compatible. Les évolutions technologiques rapides peuvent imposer des mises à jour logicielles ou des remplacements anticipés si les besoins des usagers évoluent fortement.
Peut-on mutualiser l’utilisation des bornes entre plusieurs entreprises ou copropriétés ?
La mutualisation des bornes est non seulement possible, mais recommandée pour optimiser l’investissement et le taux d’utilisation du matériel. Des solutions techniques permettent de gérer facilement l’accès, la réservation et la facturation entre différents utilisateurs, qu’il s’agisse de résidents, de salariés ou de visiteurs ponctuels.

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